Le Grand Jeu: Un biopic passionnant et rythmé mais conventionnel

Le Grand Jeu: Un biopic classique mais efficaceAnnoncé comme un "Loup de Wall Street" au féminin, "Le Grand Jeu" met en scène Jessica Chastain dans le biopic de Molly Bloom, jeune femme passée de la compétition sportive de haut niveau à tenancière de maison de jeux en l'espace de quelques années, d'abord dans un cadre légal avant de glisser  peu à peu dans l'illégalité jusqu’à une descente aux enfers, prévisible mais qui dépeint aussi un système judiciaire américain effrayant et sans limites dans l'outrance pour parvenir à ses fins. Pour en revenir à la comparaison avec "Le Loup de Wall Street", le film n'a rien à voir avec son illustre prédécesseur, la notion de démesure n'étant pas la même. En effet, si "Le Grand Jeu" se déroule dans un milieu où des sommes vertigineuses sont échangées, on est toutefois bien en dessous de ce qui se faisait dans le film de Martin Scorsese et Molly Bloom est infiniment plus empathique et respectable que Jordan Belfort, elle, s'efforçant tant que possible de respecter la loi tout en ménageant ses clients et partenaires, lui escroc compulsif qui dépouilla des milliers de petits porteurs. Réalisé par Aaron Sorkin, dont c'est le premier long-métrage, le film est construit de manière assez classique développant la vie de Molly Bloom de sa jeunesse jusqu'au verdict de son procès et faisant des bons dans le temps en fonction des situations. La mise en scène ne se distingue pas particulièrement ni en bien ni en mal, elle est, comme la construction du scénario, somme toute assez classique permettant aux comédiens d'exprimer leur talent à plein régime. Jessica Chastain, fidèle à elle-même, est irréprochable dans ce rôle joué tout en mesure, son personnage étant elle-même dans le contrôle permanent, encore une fois à l'opposé de Leonardo DiCaprio, dont le personnage excessive du "Loup de Wall Street", lui permettait toutes les libertés et toutes les fantaisies  à l'écran. Certains seconds rôles, pas forcement très présent à l'écran, se distinguent également comme Michael Cera dans un rôle trompeur ou Kevin Costner, incarnation du père de l'héroïne, au combien important dans le déroulement des événements, qui offre un beau face à face tout en émotion dans une scène père-fille. Que dire d'Idris Elba, interprète de l'avocat de Molly et alter-ego de Jessica Chastain, toujours juste sans en faire trop. Au final, "Le Grand Jeu" est un très bon film, sans doute pas assez dramatique pour devenir un grand film, qui raconte l'une de ses histoires dont sont friands les américains: L'ascension, la gloire, et la chute d'une self-made-woman, façonnée dès son enfance. Un biopic plaisant mais conventionnel.

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