Tomb Raider: Une nouvelle Lara Croft loin d'être ridicule

"Tomb Raider", le jeu vidéo culte revient cette semaine au cinéma avec une nouvelle adaptation 15 ans après les deux films portés par Angelina Jolie. Si l'on pouvait raisonnablement s'inquiéter du résultat de ce projet, les orientations prises par le réalisateur Roar Uthaugh permettent d'avoir un vrai film d'action, attractif mais résolument différent de l’original. En premier lieu, il s'agit d'un véritable reboot et d'une Lara Croft post-adolescente qui permet de reposer toutes les bases de la saga même si le conducteur est le même. Si la posture de départ est donc similaire, l'héroïne est ici encore en phase de construction et ce film est à ce titre un chemin initiatique destiné à nous proposer à son issu la vraie Lara Croft. Véritable film d'action, au scénario assez prévisible, "Tomb Raider" alterne entre courses-poursuites spectaculaires, scènes d'action parfois improbables et tout de même quelques séquences charnières pour la psychologie de l'héritière Croft. On progresse vite dans l'histoire, parfois même un peu trop  à tel point que certains détails semblent bâclés à quelques occasions à l'image notamment d'un vieux caméscope découvert par Croft en début de film qui démarre au premier essai alors qu'il est à l'abandon depuis sept ans et que l'on peut raisonnablement penser que la batterie n'aurait pas tenue aussi longtemps. L'action est particulièrement bien filmée et surtout Uthauh nous dispense de plans ridicules comme le légendaire coup de poing sous-marin d'Angelina Jolie... à un requin. Alicia Vikander, dont le talent n'est pas nouveau mais qui porte pour la premier fois un action-movie sur ses frêles épaules, propose une Lara Croft à échelle plus humaine avec ses hésitations, ses doutes, ses faiblesses et joue moins de son charme, pourtant envoûtant pour se concentrer sur le fond. A ses côtés, on retrouve Walton Goggins, habituellement étonnant et extravagant, qui dans ce cas joue avec une sobriété qu'on regretterait presque tant il aurait pu être excellent dans la démesure et la mégalomanie. Dominic West, Daniel Wu et Kristin Scott-Thomas complètent un casting dans lequel figure également Derek Jacobi dont on peux tout de même s'étonner de la faible utilisation. L'ensemble est extrêmement plaisant et divertissant, esthétiquement de très bonne qualité avec de nombreuses références et clins d’œils destinés aux puristes qui  taquinait le jeu original il y a plus de vingt ans. Au final, s'il n'est pas le film de l'année, "Tomb Raider" répond à son cahier des charges et l'on sort de la salle en ayant hâte de découvrir une suite qui parait promise par le final du film, à condition bien entendu qu'il soit un succès commercial.

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